Appel pour un espace européen des hautes écoles ouvert

Depuis la votation sur l’initiative contre l’immigration de masse du 9 février 2014, l’appartenance de la Suisse à l’espace européen de l’enseignement supérieur est menacée.  Comme première réaction, la Commission européenne remet en question la participation de la Suisse au 8ème programme de recherche Horizon 2020 et au programme d’échange d’étudiant-e-s Erasmus+. Les signataires de cet appel demandent aux décideurs et décideuses politiques en Europe et en Suisse de permettre à la Suisse de continuer à participer à ces programmes et se positionnent pour un espace européen et international des hautes écoles ouvert.

La Suisse comme lieu de formation et de recherche court le risque de se retrouver isolée suite à l’exclusion des programmes de formation et de recherche. En 1999, la Suisse a signé la Déclaration de Bologne, tout comme près de 40 autres Etats européens, et s’est ainsi positionnée pour un espace européen des hautes écoles. Un des buts principaux de Bologne est l’encouragement de la mobilité dans l’enseignement et dans la recherche. L’importance des échanges internationaux pour la communauté scientifique suisse ainsi que pour l’économie n’a jamais été mise en doute, mais, au contraire, soulignée de tous côtés. Avec le « oui » à l’initiative contre l’immigration de masse, les progrès et les réalisations de ces dernières années sont remis en question.

L’échange d’étudiant-e-s et de chercheurs et chercheuses, de connaissances et de savoir-faire est depuis toujours, pour les membres des hautes écoles, une évidence et une condition indispensable pour la qualité de l’enseignement et de la recherche. L’Europe a fortement encouragé cet échange ces dernières années et est le point de convergence de nombreux projets de formation internationaux. Des coopérations internationales se réalisent ainsi également au-delà des frontières de l’Europe.

L’internationalité inhérente au monde des hautes écoles, à laquelle nous participons et dont nous bénéficions toutes et tous, est actuellement remise en question. Nous nous déclarons fortement opposé-e-s à cela. Nous, les hautes écoles, les institutions de la formation, les enseignant-e-s, chercheurs, chercheuses et étudiant-e-s de Suisse et d’Europe, appelons les décideurs et décideuses en Suisse, à Bruxelles et dans les Etats européens à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour assurer la participation des hautes écoles suisses aux programmes précités.

Nous exprimons notre engagement en faveur d’un espace européen et international de l’enseignement supérieur ouvert et soulignons notre volonté de continuer à promouvoir et encourager les échanges internationaux dans nos hautes écoles. Les programmes internationaux de formation et de recherche, tout comme les projets interuniversitaires, doivent rester une évidence dans l’espace européen et international commun des hautes écoles dont la Suisse fait partie.